mercredi 6 août 2008

Vesselina Kasarova

Vesselina Kasarova

Vesselina Kasarova est née à Stara Zagora en 1964 en Bulgarie. Elle s'est intensément consacrée à la musique dès ses quatre ans. Ce n'est toutefois qu'après avoir obtenu son diplôme de concert comme pianiste, qu'elle a commencé ses études de chant. Elle a étudié sous la tutelle de Ressa Koleva, au conservatoire à Sofia. En 1991 elle rejoint à l'Opéra d'Etat de Vienne et ,elle remplace au pied levé Marilyn Home au Festival de Salzbourg dans le rôle titre de Tancredi de Rossini
A ceux qui pensent que «les voix slaves sont des voix dramatiques» elle a opposé un déni sans appel et a montré une grande sagesse dans le choix de son répertoire, privilégiant les rôles de mezzo lyriques et dramatiques des opéras de Mozart, de Rossini, Romeo de Bellini et Leonora de La Favorite de Donizetti, Orphée de Gluck, Charlotte de Werther de Massenet et Marguerite de La Damnation de Faust de Berlioz (qui lui valut un succès triomphal à Salzbourg). Elle a refusé de chanter des parties qu'on lui proposait, comme celles d'Azucena et d'Amneris ,de même qu'elle n'a pas voulu enregistrer de rôles qu'elle n'avait pas auparavant incarnés à la scène. Elle s'est toutefois très exposée, ainsi que le montre chacun de ses enregistrements, sur le plan de l'expression. Elle maîtrise l'art de la nuance et sait faire du son le reflet d'idées et de sentiments. Même si, de par son type vocal, elle n'est pas un mezzo dramatique, elle montre en scène, le tempérament et l'intensité d'une chanteuse dramatique.

Quelques phrases extraites d'une interview de la chanteuse permettent de mieux cerner les choix du répertoire de Kasarova

* C'est Mozart qui a contribué au développement le plus important de ma voix, c'est à travers sa musique que j'ai découvert mes possibilités vocales, il est aussi à la base des parties de bel canto que j'ai interprétées. Ce qui est important, c'est de chanter Mozart avec souplesse, sans contrainte. Quand j'étudiais le piano, en Bulgarie, j'ai souvent joué Mozart.

* Bellini est pour moi, mezzo-soprano, le compositeur le plus difficile. Il faut avoir, dans ces parties, une maîtrise absolue de sa voix. Toutefois cette maîtrise technique ne doit pas être obtenue aux dépens de l'expression du sentiment, sinon la musique laisserait une impression de froideur. A l'inverse, il ne faut pas se laisser submerger par les sentiments, qui sont très forts ici, Il convient de garder un équilibre entre émotion et technique et ses personnages deviennent alors vivants et crédibles.

* J'ai la chance de disposer, pour ma voix, d'un répertoire relativement étendu. J'ai très consciemment bâti ce répertoire petit à petit. Voici maintenant venu le moment où je me sens en mesure d'aborder des parties du répertoire baroque. Ce qui est difficile ici, ce sont les récitatifs. Ils doivent être interprétés de manière vivante, ils ne doivent pas passer au second plan. Il faut travailler beaucoup sur les détails, ce qui nécessite une certaine expérience. La musique baroque est une chose très importante pour moi, dans l'orphée de Gluck, je découvre une élégance et une profondeur d'émotion auxquelles je suis très sensible.

* Ce qui fait pour moi le charme des oeuvres de l'opéra français du XIX°siècle , c'est qu'elles permettent de faire usage de toutes les couleurs de voix. II n'est donc pas de plus grande joie pour moi que de chanter ce répertoire. J'ai dû, en fait, travailler très dur sur ces parties, sur la langue avant tout. Il y a dans la langue française une élégance qui n'existe dans aucune autre langue. Ce n'est pas seulement la diction qui importe, mais la couleur de voix appropriée. Ce que dit le texte et la manière dont je le chante doivent être en accord. Il est tout simplement merveilleux de travailler vocalement ces parties et je souhaiterais voir les directeurs d'opéras monter plus souvent des opéras français présentant de grandes parties de mezzo-soprano. Elles sont chargées d'une sensualité et d'une émotion qui s'expriment avec subtilité, jamais vulgaires
.

Petit chemin pour découvrir Vesselina Kasarova

Bellini : Romeo de l'opera I capuleti ei Montecchi



Mozart : La clemenza di Tito



Thomas Mignon l'air "Connais tu le pays"



Donizetti le grand aria de La Favorita "O mio Fernando"







Handel avec l'aria extrait d'Alcina "Sta nel ircana" avec la baguette survoltée de Marc Minkowski. C'est veritablement lors des representations à Paris d'Alcina avec Luba Orgonasova que je suis tombé sous le charme de Vesselina Kasarova...




Enfin Rossini avec l'air final de l'Italienne à Alger "Pensa alla patria ((Mon premier spectacle avec Vesselina Kasarova à Paris en 2000 )





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